Un être humain

L’être humain, quelle belle invention, quelle ultime machine à penser, quel incroyable destructeur. Moi, toi, vous, elle, lui, eux, nous sommes tous voués à une seule et unique tache, avancer. Chacun à sa manière, doucement, impatiemment, nonchalamment, négativement, positivement, avec force, avec dureté, avec mélancolie, avec joie. Nous sommes tous uniques, nous sommes nous mêmes. Nous avançons à notre rythme et nous nous croisons, parfois sans se voir, souvent au mauvais moment, jamais par hasard.
J’ai passé ces derniers temps enfermé dans mes pensées, j’ai construis ma propre prison de douleur, j’ai choisi de m’y complaire, j’ai crié au secours, j’ai pleurer au revoir, je me suis laisser emporter dans le noir, j’ai cessé de sourire et de voir les rayons du soleil, seul, triste, abandonné de moi-même. Une personne qui m’est chère m’a dit « Tu veux que je te présente un clochard? Tu veux que je te confronte à la solitude? A la souffrance? A la perdition? ». Oui, je ne suis pas seul, loin de là, autour de moi des personnes m’aiment, certaines ont choisi de me le faire comprendre, d’autre le font dans l’ombre, à distance, elles observent avec du recul, de la prudence ou de la pudeur, mais elle sont là, je ressens leur protection. J’ai conscience que tout ce mal être est passager, que je n’ai qu’à encaisser, patienter, respirer. Oui, j’ai conscience de cela. Pourtant cela ne me suffit pas à aller mieux, j’ai la sensation de faire tout mon possible mais je n’y parviens pas. Peut être que je n’y crois pas suffisamment après tout, peut être que j’ai peur de ne plus être aussi heureux que j’ai pu l’être auparavant, peut être. Je suis devenu malgré moi un loup des steppes, une entité poussée à la solitude par ses penchants à l’auto destruction, à l’auto flagellation, à l’égocentrisme, à la paranoïa, au tout ou rien, à l’extrémisme de ses sentiments, à la peur de l’avenir, à se poser tant de questions. Un jeu d’échec où l’on ne sais plus vraiment qui est l’adversaire, y’en a t’il encore un, sans doute moi même. Sans doute.
J’ai aimé à en crever, j’ai tout donné, j’ai tellement voulu, j’ai espéré. J’aime toujours, j’en crève toujours, je suis encore prêt à tout donner, je veux toujours, j’espère toujours. Cette guerre intérieur à vouloir à tout prix avancer, remplacer, combler, quelle naïveté, quelle utopie. Seul le temps et les surprises de la vie. Seul le temps. Seules les surprises de la vie.
Un jour je relierai ces phrases et j’en rirai peut être, tout du moins elles me rappelleront à quel point je serai, durant une période de ma vie, tombé profondément, que ce puits sans fond que je pensai un temps avoir changé en ascenseur m’aura détruit plus que je ne l’imaginai, ce jour là j’aurai le recul nécessaire pour me rendre compte de tout cela, un jour. Un jour.
Aujourd’hui je dois me reconstruire, il me faudra du temps, mais il le faut absolument, c’est devenu une nécessité, une obligation, car je suis épuisé, je ne peux pas me permettre de continuer ainsi, je n’ai pas choisi de me retrouver dans cette situation, mais il ne tiens qu’à moi de réagir, de hurler, de casser ces murs, de saisir les mains qui me sont tendues, de me dire que je le mérite, que j’ai mieux à faire que pleurer. Et si je ne le fais pas pour moi, que je le fasse pour toutes ces personnes qui m’ont aimés hier, qui m’aiment aujourd’hui et qui m’aimeront demain, ce sera un début, après on verra, demain la vie sera peut être plus vivable. Que ces personnes me pardonnent de leur avoir communiqué ma souffrance au quotidien, qu’elles me pardonnent de les avoir rejeté par crainte, qu’elles me pardonnent de les avoir poussé dans leurs retranchements jusqu’à l’isolement, qu’elles me pardonnent de n’avoir pensé qu’à moi. Qu’elles me pardonnent.
Merci à toi qui lis ce texte, merci à toi qui ne le lis pas, si nous ne nous sommes pas encore rencontré cela ne tardera pas, si nous nous sommes perdu de vue, nous nous retrouverons, si nous avons prévu de nous retrouver plus tard, à toute à l’heure.

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