Un écureuil à Central Park

Bonjour Bernard. Vous êtes mort.
Ah merde, comment c’est arrivé ?
Notre service technique est en train de le déterminer, nous n’en sommes pas encore certain, vous êtes arrivé chez nous cette nuit vers 4h30.
Ok, et vous êtes qui ?
Je n’ai pas de nom, ou plutôt si j’en ai plein, appelez moi comme vous voudrez peu m’importe, ça n’a pas d’importance.
Bon. Et je suis où ?
Je pourrai vous dire que vous êtes au paradis, mais cela serait un cliché. Non, vous êtes en transit, nous préparons actuellement votre nouvelle enveloppe corporelle, pas d’inquiétude.
Ma quoi ?
Votre nouvelle enveloppe corporelle, celle que vous aller porter durant votre nouvelle vie.
Je vais revivre ?
Oui et vous avez de la chance. Nous avons suivit toute votre existence, elle a été riche et sans faux pas, c’est la raison pour laquelle nous vous offrons cette nouvelle chance. Nous allons même plus loin dans notre générosité. Nous vous proposons deux possibilités. Soit vous revenez sur terre sous forme humaine, mais vous ne vous rappellerez plus de rien, tout ce qui aura fait votre ancienne vie aura disparu de votre mémoire, vous recommencez tout à zéro. Soit nous vous réincarnons en écureuil, et vous aurez tous vos souvenirs intactes.
Mais pourquoi en écureuil ? Je peux pas être un chat ou un aigle ?
Non, les chats sont réservés aux anciens papes et dans de rares exceptions pour les chiens d’anciens présidents. Quand à l’aigle, c’est sans intérêt, l’espèce est en voie de disparition, vous ne voulez pas mourir à nouveau, allons. Pour vous se sera l’écureuil, c’est ainsi.
Très bien, où vais je me retrouver ?
Il serait impossible de vous renvoyer près de votre ancienne habitation, près de vos anciennes habitudes. Nous ne désirons pas vous assistiez à vos funérailles, nous ne voulons pas non plus que vous essayiez de rentrer en contact avec ceux qui étaient vos proches. Il vous faut un dépaysement total, loin, très loin. Ce sera Central Park, vous connaissez New York ? Non bien sure vous ne connaissez pas.
Puisque j’ai le choix entre devenir n’importe qui et rester moi-même, allons pour l’écureuil à Central Park.
C’est un excellent choix, un moment s’il vous plait, j’en informe l’atelier.
Je comprends pas je pétai la forme encore hier soir. Qu’est ce qui à bien pu m’arriver.
N’y pensez plus, ce qui est fait est fait, vous êtes mort, c’est la vie. Préparez vous, je vous transfère.

Oh merde, je suis minuscule. Je me sens tout léger. Je peux sauter super haut. Tiens un congénère !
Salut, t’es qui ?
Salut, je suis Bernard, et toi ?
Je suis Mahatma Gandhi.
Sérieusement?
Non, je déconne, moi c’est Georges, bienvenu !
Merci ! Tous les écureuils ici sont des personnes réincarnées ?
Ouais, on est une belle petite communauté.
Et vous faites quoi de vos journées ?
Ben, écoutes, on estime qu’on a déjà bien trimé une première fois, alors celle ci on en profite, pour nous. Alors on branle rien, on se lèche le cul, on baise, on pionce, la belle vie.
Et les gens dans le parc ?
Ils sont gentils, ils nous filent à bouffer, en échange ont fait les vrais écureuils, mais en mieux, parce que toi et moi on a déjà vu des écureuils comme eux, je veux dire on a été autre chose que des écureuils, tu me suis ? Donc on sait quoi faire pour les faire craquer. C’est quand je suis arrivé ici que j’ai compris pourquoi j’avais flashé sur Central Park quand j’étais jeune, en fait tout les écureuils ici jouent la comédie.
Oh merde, un chat ! Il est immense.
T’inquiète, c’est Jean Paul, un peu perché mais rien à craindre, il est cool.

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