J’en ai marre de me prendre le choux avec elle, lui, eux, tout le monde en fait. C’est vrai merde, tu parles, tu penses être ami, tu partages quelque chose, tu crois qu’en face ton interlocuteur a du répondant, une certaine réactivité attendu, un pas en avant peut être, et il y a toujours ce putain de moment où tout bascule, tu te rends compte des vrais intensions de l’autre, sa, leurs foutues idées saugrenues te pètent à la gueule, et c’est le retour à la case « Cherches un nouvel ami ».
Pourquoi les rapports humains sont ils si compliqués. Le problème vient il de moi ? Est ce que je suis trop direct, pas assez ? Trop discret alors, ou trop présent ? Il y a certainement une raison, je constate que je suis loin d’être la seule personne qui à l’impression de ne pas réussir à vivre avec ses congénères, et qui du coup, pense être un éternel incompris. Tout ça est un jeu, une comédie entre acteurs qui passent toujours le même casting, celui qui commence par la fameuse réplique « Salut, comment ça va ? », je le dis souvent, cette phrase de politesse n’a plus aucun sens de nos jours, en a-t-elle eu un temps seulement.
Entre deux êtres, il peut y avoir divers relations, l’amour, l’amitié, la camaraderie, la courtoise, la pénétration aussi, avec ou sans les quatres autres possibilités précédemment énoncées, bien que chez les marins, la sodomie doit être accompagnée de camaraderie, on rigole pas chez les militaires, mais je m’égare un peu. Il subsiste un point commun à ces divers formes de connexion, dans tous les cas de figures, chacun est en attente de quelque chose, et c’est ça qui fait tout foirer. L’amoureux voudra toujours un sentiment au moins équivalent en retour, l’ami souhaitera compter sur le pote qui promet tout en permanence, le soldat devra pouvoir compter sur son frère d’armes pour lui sauver la peau, le voisin essayera de ne pas mettre la musique trop forte pour ne pas déranger le gars en face, au cas où il aurait besoin de lui un des ces quatres, et l’amant en demandera à chaque fois plus, jusqu’à plus soif.
Cette concordance peut également s’appeler le partage, mais c’est une vaste rigolade si on analyse les expériences qui viennent de toucher à leur fin. Reprenons nos cas types, en citant expressément le mot « partage ». L’amoureux se rend compte que ses sentiments ne sont pas partagés, il s’effondre et la personne aimé est perdu, faute de ne pas avoir su quoi dire au bon moment. L’ami change ses habitudes, il veut un peu grandir et cesser quelques activités auto destructrices, son pote va cesser de répondre au téléphone, car il n’y aura plus de partage de substances, donc plus d’intérêt de se fréquenter. Le soldat sera au front, il essuiera des tirs ennemis, son camarade se cachera de peur d’en prendre une, finalement c’est lui qui la prendra, pour le coup, il y a partage, mais ce n’était pas volontaire. Le voisin aura besoin d’un coup de main pour trimballer son canapé Ikea que les livreurs n’auront pas daigné monter au premier étage, le gars d’en face n’ouvrira pas la porte, pourtant on le voit bouger derrière le judas, visiblement il ne veut pas partager sa force. Les deux amants iront pour la cinquième fois à l’hôtel, à l’abri des regards, il y aura partage de fluides, mais une fois cela fait, chacun rentre dans son foyer, jusqu’à la prochaine partie de baise.
Si on fait un petit bilan de ses hypothèses, l’amoureux est en pleine désillusion, l’ami est seul mais en meilleur santé, le soldat est mort et le voisin à un tour de reins. Les baiseurs s’en sortent plutôt bien, peut être tout simplement parce qu’ils ne se parlent pas, il n’y a pas d’ambiguïté chez eux, ils cherchent quelque chose de précis, et rien d’autre, pas de projets, pas de souvenirs, juste deux corps qui fusionnent, une douche plus tard on n’y pense plus, les animaux sont rassasiés et c’est bien tout ce qu’ils espéraient, c’est triste mais ils en ont conscience, pas de surprise.
En conclusion, je dirais que pour réussir une relation, il faut avant tout, et c’est bien légitime, penser à soi, puis, après analyse, déchiffrage et autres observations, estimer l’attente de l’autre, en fonction de cela on décide de continuer ou pas, on avance à ses cotés ou on traverse la rue. Le but est de s’épanouir à deux, chacun ses objectifs, et quelque soit le niveau de rapprochement, prévoir qu’un jour ou l’autre, tout peut se terminer d’un coup, car l’autre aura dit le « Je veux » de trop, qui telle une petite aiguille percera la précieuse bulle d’oxygène, l’espace vital personnel sera violé, la ligne protectrice franchie et il sera temps d’aller chercher ailleurs, ou attendre que l’orage passe, le partage fera alors place à l’écoute et à la patience.
Voila, c’est assez simple après réflexion. On essaye ? Non, je déconne, allez tous vous faire enculer.
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