Lorsqu’une personne entre dans votre âme, dans vos tripes, qu’elle vous comprend, qu’elle vous connaît mieux que vous même, qu’elle sait quelles seront vos réactions à l’avance, qu’elle lit en vous comme dans un livre ouvert, qu’elle est capable de vous dire le mot juste au moment où vous en aviez le plus besoin, sans le demander, sans pitié, sans jugements, sans rancunes, qu’elle vous protège tout en vous laissant faire vos propres choix, que vos idées divergent ou non, que vos envies soient opposées, lorsqu’une personne vous apporte cela et que vous êtes capable des mêmes actes en retour, alors… Respirer. Calme.
Ces personnes là existent, elles sont rares, elles sont précieuses. J’en ai rencontré trois. L’une m’a mis au monde, dans la douceur, dans la chaleur. L’autre a grandi à mes cotés, protectrice, franche, tendre, attentionnée. Une autre a vécu et partagé ma vie durant de belles années, abandon, passion, électricité, complicité. Trois femmes, constat prévisible.
Aucunes d’entre elle n’a été ou ne deviendra une amie, l’amitié est une faible comparaison avec ce type de connexion, éternelle, jusqu’à la mort. Ces êtres resteront à jamais en moi, qu’elles le veuillent ou non et quoi qu’il arrive, ce sont mes étoiles. Je sais que je peux lier un tel lien avec une personne quasi instantanément, il est tellement évident que la personne peut très bien ne pas exister à un moment précis pour que la minute d’après elle soit entrée en moi pour ne plus en ressortir. Et quand bien même les trahisons, quand bien même les mensonges, quand bien même les désaccords, quand bien même les sentiments, cette fusion est indestructible, ni moi ni l’autre ne la détruira, tôt ou tard l’évidence dominera les malentendus, les tensions, les drames, les pleurs, les adieux mille fois criés, les portes explosées, tout cela est à des années lumières.
Soyons clair, nous parlons ici d’amour, l’amour dans le sens noble du terme, non dans son sens romantique comme en raffolent les comiques troupiers, non, d’amour, façon incorruptible, façon c’est ainsi. Ce sentiment qui ne peut se quantifier, « Misérable est l’amour qui se laisserait mesurer » comme disait l’anglais, imperturbable dans le temps, inébranlable devant l’obstacle.
Je sais bien ce que vous vous dites, il a encore pété un plomb et maintenant il se mets à citer du Shakespeare, oui, j’avoue, j’ai trouvé cette citation, elle m’a paru bonne, elle illustre bien ma pensée, mon propos, et ça s’arrête là, je n’ai jamais lu Shakespeare et je n’en ai pas l’intention, plutôt mater un porno gay avec des bovins en toile de fond. Je ne romps pas un fusible pour autant, ce texte est simplement parti d’une pensée qui m’a traversé l’esprit hier au soir, quand il a fallu finir la journée par un sommeil nécessaire à mon corps, mais peu désiré par mon esprit. J’ai fais le compte, j’ai levé trois doigts et j’ai su y mettre des noms, des images et des souvenirs, j’ai même réussi à dessiner des projets, avec chacun d’eux. Ma vie est ainsi faite, mon cœur est en miettes, mon esprit a foutu le camp voir ailleurs si l’herbe y est plus praticable, mes espoirs sont comme figés, mes envies par milliers sont aliénés par la peur, mais voila, j’ai trois doigt levés, je les observe et je me dis que si cela ne suffit pas il m’en reste encore sept autres, ces phalanges qui ne demandent qu’à se dresser, porter un nom à leurs tours, rejoindre le club des étoiles. Patienter. Expirer.
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