Les sentiments sont une chose, les envies en sont une autre, l’important n’est pas tant de les faire coïncider, mais plutôt d’arriver à une sorte d’harmonie. Cela nécessite des efforts, des compromis, des évolutions, des attentions, du recule et du calme. Il faut éviter à tout prix les attitudes déraisonnées, déraisonnables, hors sujet, hors instant, les coups de tête et les portes qui claquent. Si le bonheur peut être lumineux, la chute qui surgit peut qu’en à elle être d’une noirceur redoutable, cela ne se joue parfois qu’à un mot, un silence, une seconde d’inattention, la seconde de trop. Toutes ces similitudes, tous ces points communs flagrants, ces vies antérieurs vécues ensemble, ces certitudes de voir le même soleil, la même lune, cette évidence. Tu te surprends à essayer, tu te surprends à y croire, tu te surprends à espérer, mais l’espoir n’est rien d’autre qu’une sorte de pression sur le désespoir, une lutte permanente au bord du précipice. Tu avais nettoyé ton visage, tu avais lavé ton corps, tu avais effacé ce coté sombre, tu avais soulagé ton entourage, ceux qui s’inquiétaient pour toi, ceux qui en avaient assez que tu t’imposes à eux, tu avançais, puis soudain la vie te rappelle que tu n’y as pas droit, oui, on dirait bien que tu n’y a pas droit à ce bonheur. Tu n’en reviens pas pour autant au point de départ, tu as progressé, bon gré mal gré, comme un somnambule. Tu continues d’essayer, il n’y a que ça à faire, tu maudis cette vie qui te montre des portes, que tu ouvres par curiosité, qui t’illumines, qui t’éblouissent, qui t’aveugles, tu t’abandonnes totalement, tu oublies tes principes, tu te sens heureux, aucuns efforts n’est nécessaire, le lâcher prise totale, tu aimerais bien appuyer sur pause et stopper le temps en te disant que tu pourrais bien vivre ainsi toute ton existence sans rien bouger. Mais voila, tu as perdu la télécommande il y’a de ça quelques années, tu l’avais échangé contre la raison, à cette époque tu pensais encore pouvoir tout surmonter, tu pensais que tout ce vaste merdier était facile, qu’il ne te toucherai pas. Aujourd’hui ton visage est à nouveau maculé des perles humides, tu croyais que tout cela était fini, tu te croyais à l’abri, tu y croyais. Ton problème se situe ici précisément, tu crois au lieu de vivre, tu espères au lieu de profiter. Même si cela est à première vue insurmontable, tu dois cesser de te poser ces questions, tu dois arrêter de réfléchir lorsqu’il n’y en a pas lieu, tu dois stopper tes craintes, tu dois baiser la vie avant qu’elle ne te baise, c’est aussi simple que cela. Oui, simple à dire tu me dira, mais lorsque l’on a la volonté d’aller de l’avant, lorsqu’on a réellement le désir de poursuivre sa route, cette une question de choix, soit on s’en donne les moyens, en les choisissant, soit on attends que les moyens arrivent, et ceux là te seront imposés. Tu préfères te battre avec tes propres armes ? Ou préfères tu qu’on t’en impose ? Prends une décision.
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