Bonjour, je m’appelle Jacques et je suis un homosexuel anonyme.
Bonjour Jacques.
J’ai décidé de venir ici pour pouvoir enfin raconter ma vie. C’est la première fois que je prends la parole, j’ai assisté à une dizaine de séances, à vous écouter, un à un, partager vos douleurs et vos joies, vous m’avez donné la force de monter sur cette estrade pour m’exprimer.
Je suis né à Rennes, j’ai 34 ans, j’ai un frère, mes parents sont morts il y’a 2 ans dans un accident de voiture. J’ai grandi à Villejean, je ne sais pas si quelqu’un connaît, c’est un quartier pas vraiment accueillant pour s’épanouir quand on est gamin. Maman nous a toujours dit qu’on ne devait pas s’en faire, qu’on allait bientôt partir de ce trou à rat, qu’on avait de l’argent, que tout ça était provisoire. Ma mère s’habillait toujours très chic, elle passait des heures dans la salle de bain à se pomponner. Tout ça pour que 20 minutes plus tard elle recouvre tous ses beaux habits par sa blouse blanche de boulangère. Mes parents étaient artisans boulangers, lui était aux fourneaux la nuit et le jour il dormait, ma mère s’occupait du comptoir et des pâtisseries. En réalité on avait pas un rond.
J’ai passé la plupart de mon enfance seul dans ma chambre à lire des livres, à écouter du rock et à rêver d’être un adulte pour pouvoir partir de cet endroit infecte.
A l’age de 11 ans j’ai compris que je n’étais pas pareil que les autres garçons, je n’avais pas les mêmes envies, pas les mêmes besoins, je n’arrivai pas à avoir leur sourire, je ne pensai pas que j’avais quelque chose de grave, simplement que j’étais différent, quelque chose en plus. Cela ma donné la force de passer les années au collège, cette différence non identifiée alors me donnait une force nécessaire pour affronter mes congénères.
Arrivé au lycée, j’ai eu la révélation, j’aimai les hommes, je n’ai pas refusé cette idée, ce besoin, cette attirance, c’était ainsi, et c’était ma normalité. Je l’ai bien vécu, mais je n’ai jamais réussi à avoir le courage d’aller parler au maitre nageur, j’étais bien trop timide, et clairement trop jeune. Je me suis contenté d’apprendre à nager, comme tous les autres.
A mon entrée à la faculté, j’ai rencontré quelqu’un, on s’est tout de suite trouvé, on a été foux amoureux durant toute l’année scolaire, mais en 1978, il était encore trop tôt pour s’afficher à nos ages, on risquait de se faire tabasser. Nous passions notre temps à sécher les cours et nous nous réfugions dans notre coin à nous, notre bulle. A la fin des cours il est partie au service militaire, je ne l’ai jamais revu. Je n’ai jamais réussi à le retrouver, je ne m’en suis jamais remis.
Après cette histoire, je me suis refusé d’en recommencer une autre avec quelqu’un avant de pouvoir m’afficher avec lui sans peur de brimades, insultes, crachats. J’ai mis mon homosexualité entre parenthèses et suis devenu un hétérosexuel de jour. J’ai trouvé un travail dans une banque d’investissement, mes collègues ignorent tout de ma vrai vie, mon frère crois que je suis avec une dénommée Ophélie, mes parents ne l’on jamais su, je l’ai caché à tout le monde. Un jour viendra ou je trouverai la force de tout leur dire, comme je viens de le faire avec vous mes chers amis.
Comment te sens tu aujourd’hui?
Mal.
-
-
Mots récents
-
Mots archivés
- octobre 2011 (8)
- septembre 2011 (2)
- août 2011 (2)
- juillet 2011 (6)
- juin 2011 (26)
-
Un peu plus
-
Liens
-
-
Ecoute
"Yes, It's Possible"
Sébastien Tellier -
-
Tous les Mots
- On se remet de tout
- Flash spécial
- En chantant Kumbaya
- Georgia
- Une petite fille perdue
- Tu l’as vu te sourire
- Un être humain
- Le club des étoiles
- J’ai besoin d’un signe
- Aujourd’hui tu te lèves
- Je suis le 16h
- Ce sont mes armes
- Ils vont m’abattre
- Le cadavre de trop
- Toujours le même casting
- Souffles tes bougies
- Pelote de laine
- Pleasure Minute
- Tampis pour Bambi
- Petit Louis
- Elle te plait ?
- Sa foi à la poubelle
- Une journée étrange
- Voisinage
- Attends la fin du film
- Un écureuil à Central Park
- Les feuilles dorment encore
- Perdition City
- Une journée sans et je plonge
- La vie est une boussole
- Avant de mourir
- Le tourbillon intégral
- Raymond
- Hétérosexuel de jour
- Le train N°17432
- Un monstre diabolique
- Sécheresse à Robstown
- Formule de courtoisie
- Les vagues de souvenirs
- La mascotte de l’université
- Un moment au square
- Les rêves c’est pour les enfants
- Déambulations nocturnes
- Missive perdue datée du 3 janvier 1921
-
Mots courants
adresse retour plaisir spectacle nom cheveu train homme sortie effet jour poil gamin rue mec journée soirée merci heure merde chien air parents ami rien voiture temps genre main université compte gens douleur matin fois bout bras monde année sens bateau vie problème cerveau téléphone tête gueule forme mot partie mal bouche personne bordel fenêtre porte moment état amour instant larme joie cours chose besoin espoir cas concert goût banc chambre maison ventre envie minute discussion femme idée type soir histoire mois question salle semaine lieu courage visage raison noir paix attente respiration nuit soleil herbe mur coup fond habitude regard voisin direction réveil champs souvenirs cliché chance existence midi chère permanence sentiment face quotidien souvenir événement bougie conscience fou putain cul cri rat baiser joints sac tranquillité école vacance fille racine fin perdition longue obligation souffle gages foutre jambe fric tripe accident trou pauvre passage cauchemar rêve cap point chute divorce journal petit bon bonheur blanche paris amis pipe corps guerre peur violence groupe tour bouleversement tendance chapeau quantité mémoire période odeur fuite Évidemment inégalité mort souffrance table intérêt choix angoisse phrase êtres art acte propos assoir pensée bureau jeu sorte manière lettre sujet colère livre magazine exemple travail silence esprit âme doute puits escalier pitié veille évidence prix étoile douceur millier plomb texte image doigt clochard solitude distance machine situation surprise dimanche million solution passé canapé portrait occasion planète société apparence fauteuil bière action vitesse
