Déambulations nocturnes

Samedi, 22h34, il pleut, je sors.
Direction rue Saint Denis. J’aime bien cette rue, la rue des vieilles putes moches, des vitrines vides qui clignotent, et des camés qui boitent tous seuls noyés dans les eaux profondes de leur défonce. Si tu rentres dans une des boutiques c’est Disneyland au pays des bites géantes multi-fonctions, des gamines à moitié à poil qui sont payées pour te faire rêver, mais quand tu vois leur tronches t’as plus envie de leur payer leur billet de retour pour qu’elles retrouvent leurs familles chez elles, tellement la tristesse transpire par tous leurs pores.
Je continue mon chemin. Une ruelle, c’est joli mais ça pue la pisse, je prends une photo et j’avance, un dealer m’alpague, me propose de la came, le mec est tellement raide qu’il est incapable de me dire ce qu’il vend, je lui explique que je suis un évangéliste et que si il veut devenir un nouvel adorateur de notre seigneur Jésus Christ il peut se mettre ses petits sachets bien profond dans le cul. Le mec reste séché et avant que les premiers mots de ma phrase intègrent son pauvre cerveau endommagé par des années d’incendie, je suis déjà à 600 mètres.
J’arrive à la frontière de Sodome et Gomorrhe, une dernière fille de tristesse m’aborde, très délicatement elle me demande si je veux qu’elle me suce, je lui dis que je préférerais discuter, j’ai plus besoin de parler à quelqu’un que de me faire éponger. De quoi tu veux parler mon beau? D’un soupir je lui réponds: Ok, c’est combien la pipe?

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