Salut à toi, Vie. Pourquoi tu te comportes comme ça. Pourquoi tu laisses une chance à certains et pas à d’autres, t’es une Darwiniste intégriste ? Pourquoi d’une main tu infliges la souffrance à certains et de l’autre tu en laisses gambader libres comme l’air. J’essaye de comprendre l’intérêt, la raison à cette inégalité constante que j’observe et que je subis. J’ai entrevu la mort hier soir, je l’ai écouté au téléphone, elle suffoquait, elle endurait, elle était incohérente, elle essayait de gagner, elle n’en a même pas eu le courage, elle s’est contenté de torturer un peu, c’est plus savoureux. Toi, Vie, tu n’es qu’une pute égoïste et cynique, et nous, tes jouets, sommes tous réduits à faire des choix, des bons, des mauvais, la roulette russe au quotidien, c’est comme ça et ça n’arrange rien la plupart du temps, au mieux ça soulage. Évidemment, faire des choix n’est pas chose aisée, la fuite est plus abordable. J’en connais qui partent dès la première tempête, d’autres qui essayent 5 minutes puis renoncent, d’autre encore qui vont essayer jusqu’à la mort, en passant par tous les états possibles de la douleur et de l’angoisse, de l’espoir de voir le jour se lever ou que ces journées se terminent au plus vite. Poser le sac à merde sur la table, ou le ranger dans l’armoire, pour finalement se le coltiner le jour suivant, puis encore le jour d’après. Oui, la fuite c’est plus simple, définitivement. Replongeons en enfance, j’ai peur et je pars en prenant mes jambes à mon coup, je cours tout droit, jusque mon souffle me stoppe net, les ennuies sont déjà loins derrière, dans la forêt, bien cachés, personne ne les retrouvera et je n’y retournerai pas, je suis à l’abri. De la poudre au yeux, fuir ne règle rien, car même si les ennuies paraissent lointains, tôt ou tard ils ressortirons et feront encore plus mal, car toi en entendant, tu stagnes, eux se fortifient. L’oublie c’est pratique, mais c’est radicalement mortel.
Pourquoi n’aurai je pas le droit à une deuxième chance, dans cette existence malmenée de toutes parts, qu’est ce que j’ai bien pu te faire à toi, Vie de merde, j’en ai pas assez chié tu penses, je dois encore en prendre plein la gueule ? C’est amusant ? Dis le moi franchement et on s’arrange. Je me battrai pour mes espérances, il y aura du sang et des actes irréversibles, il y aura des yeux grands ouverts et des larmes d’acide sulfuriques, des cris assourdissants, ce sera la fin de ta vie, Vie. Je te combattrai toi et ton ami Destin, celui qui dicte les actes, qui tire les ficelles, je vous vaincrai tous les deux, je garderai les gens que j’aime autour de moi, vous ne me les retirez plus, s’en est assez. J’ai envie de te prouver que tu as tort, que tu n’es pas capable de sortir l’amour qui est en moi. Dégages, fous nous la paix à moi et à mes chers, vas bouffer ailleurs, que chacun se bat après tout.
Je suis certainement un illuminé, un fou, personne ne comprends mes propos, tampis, je ne suis plus certain de comprendre ce monde autour de moi, toi, vous, eux. Pour la plupart, ils n’ont même pas conscience que des êtres vivants les entourent, que certains leurs tendent une main, pour demander ou proposer de l’aide, d’autres les manipulent, profitent d’eux, excellant dans l’art de la dissimulation. Même toi, qui lis ces phrases vomies à quelques mètres ou plusieurs milliers de kilomètres, c’est la même chose, toi aussi, réveilles toi, ouvres les yeux, bats toi, sors ton couteau, allons l’étriper cette salope.
En y réfléchissant bien, arrêtes de me lire, car au final je m’en tape de toi, on ne se connait pas, tant que je n’aurai pas la certitude que tu n’es pas un nuisible, je ne te laisserai pas entrer, le jour venu où je saurai qui tu es, ce qui te motive, ce qui se passe dans ta putain de tête, là et là seulement tu deviendras mon allié, mon ami, mon amant, ma maitresse. Je t’offrirai un amour, une confiance, une aide comme tu n’en connaitra jamais de plus loyale. Mégalomane ? Non, si tu crois ça, tu n’es pas près de m’approcher, je pense être simplement une personne qui en a assez de voir tout le monde baisser la tête, tourner le dos, avoir un cours de natation synchronisée dès lors qu’un problème se pointe, cette attitude qui consiste à cesser le combat sans même l’annoncer, cet aptitude à la lâcheté et au manque de respect, cette fainéantise chronique. Victime ? Non plus, si tu crois ça, c’est que tu as une telle estime de toi que tu n’es même pas capable de reconnaître ta propre souffrance, et qu’au passage tu pisses sur celle des autres, la compassion c’est assez simple pourtant, tu dois en être orphelin, je te plains.
Hier j’ai parlé à la mort, je lui ai dit d’aller se faire enculer, à partir d’aujourd’hui je ne me fixe plus de limites, si tu viens, soit prudente, Vie, tiens toi à carreau, car à tous moments je peux mettre fin à tes jours, c’est moi qui vais avoir le contrôle maintenant, mes choix sont faits, mes espoirs sont là, je suis en paix avec eux, plus tu m’en balanceras à la tronche, plus ils grandiront et se renforceront, ce sont mes armes.
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